Sept... Nombre mythique du cinéma... Sept samouraïs pour Kurosawa, sept mercenaires pour John Sturges et enfin sept lames pour Tsui Hark. Cette fois-ci, la boucle est bouclée. Enfin, espérons-le, vu la qualité de cette nouvelle version. Peu de réalisateurs seraient capables de faire mieux (le summum serait-il enfin atteint ??).

Chine, 1660. Le gouvernement au pouvoir décide de faire disparaître l’étude des arts martiaux afin de maintenir l’ordre dans le pays sans avoir d’opposants à son régime. Fire-wind, puissant seigneur à la tête de toute une armée de redoutables guerriers sans pitié, commence à détruire les villages pratiquant le kung-fu en se faisant payer à la « tête » ramenée... Un ancien adepte de cette armée, Fu, s’allie cependant à des villageois pour essayer de repousser l’ennemi et ainsi expier ses crimes passés. Il entraînera à sa suite deux villageois vers le mont Heaven, où ils découvriront les épées légendaires qui les délivreront. Maître Shadow-glow, le gardien du mont, leur assignera quatre de ses meilleurs disciples pour les accompagner. Les sept braves reviendront au village pour tenter de protéger ce dernier de leur mieux...

Action, romantisme, bravoure, trahison sont une partie de ce qui vous attend dans ce spectacle de très grande ampleur qui a fait l’ouverture de la 62e Mostra de Venise le 31 août dernier. Aucun qualificatif ne serait assez puissant pour désigner ce chef-d’œuvre qui surpasse tout ce que l’on a déjà vu dans le même style. Tourné dans des décors naturels d’une beauté éblouissante, la prise de vue est assez exceptionnelle, nous offrant des paysages merveilleux filmés avec un souci du détail que seul le maître peut avoir... Rayons de soleil traversant l’écran pour venir nous éblouir de limpidité et de réalisme, montagnes et forêts, tous les ingrédients sont au rendez-vous de cette maestria visuelle. Du point de vue du son, il faut entendre les sept différentes lames résonner avec chacune leur propre octave. Un pur moment d’enchantement pour la vue et l’ouïe. Et quel bonheur également de voir enfin associé au maître un autre grand nom du cinéma en ce qui concerne la bande originale. C’est en effet Kenji Kawai, le virtuose préféré de Mamoru Oshii (Ghost in the Shell,Avalon...), qui s’est allié à Tsui Hark pour donner une dimension encore plus profonde à cette œuvre déjà bien équipée. Gageons que le duo refera parler de lui pour d’autres opus encore... Je ne sais pas ce que l’on peut demander de plus après cette claque monumentale... Alors, à vous de voir !

Comme à son habitude, Tsui Hark nous montre son talent pour les films de combat, notamment martiaux. Talent grandissant avec chaque nouvelle œuvre, au point qu’on se demande ce qu’il trouvera de nouveau pour la prochaine. Action à 300 % durant plus de deux heures trente pour le plus grand bonheur des passionnés comme moi qui ne se lassent pas de voir autant de combats dans une extrême chorégraphie martiale (merci Manu) orchestrée de main de maître par le génialissime Wei Tung qui n’en est pas à son premier essai, puisqu’il fut acteur et élève de Bruce Lee à l’époque d’Opération Dragon. Mais il nous réserve quand même une surprise de taille avec un combat final d’une vingtaine de minutes dans des positions assez... artistiques, ce qui est loin d’être le cas dans la majeure partie des films en ce moment où l’on a plutôt l’habitude d’une fin rapide qui ne dure que quelques secondes.... ATTENTION toutefois ! Je tiens à signaler que ce film est à déconseiller aux plus jeunes d’entre vous (il faudra voir les interdictions définies lors de sa sortie en salle). En effet, les scènes de combat sont extrêmement violentes, et on ne compte plus les têtes, jambes et bras coupés avec des armes aussi diverses qu’originales.

Du point de vue des suppléments de l’édition Collector, on trouvera un « making of » qui surprendra, car il y a moins de « câblerie » qu’on pourrait le croire au premier abord, ainsi que des « teasers », bande-annonces, liens Internet vers le site www.deltamac.com.hc et autres clips de la soirée de première à Hong-Kong, en compagnie des plus grands du septième art. Une galerie de photos et des interviews d’acteurs nous en font également découvrir un peu plus sur le tournage. En méga bonus, une pochette contenant sept lithographies et l’affichette originale du film sont présentées dans une enveloppe dédicacée par le maître en personne !! Au final, un DVD Collector à posséder de toute urgence en attendant une sortie (tardive) dans les salles françaises le 30 novembre 2005.
